Une souffrance indicible

13 novembre 2013

Le 22 septembre 2013, à Peshawar, un attentat perpétré par deux kamikazes contre les fidèles de l’église de Tous-les-Saints a entraîné la mort de 126 personnes. De nombreux blessés graves sont également à déplorer. Le responsable de mission Gunnar Wiebalck a visité les familles en deuil.



Qui est mon prochain ?

Un homme tomba au milieu des brigands et resta à demi mort par terre. Deux « religieux » passèrent par là, sans faire attention. Mais un homme miséricordieux de Samarie le releva et prit soin de lui.

Jésus nous invite à agir comme ce Samaritain. C’est cette invitation qui est au cœur du travail de CSI.

126 chrétiens tués – que faire ?

Lorsque nous avons appris le terrible attentat contre l’église de Tous-les-Saints dans la ville de Peshawar, nous avons immédiatement réalisé que nous devions nous rendre sur place pour essayer d’apporter notre aide. Pour des raisons de sécurité, mes collaborateurs m’avaient fourni une robe autochtone.

Le 10 octobre 2013, nous étions dans la cour de l’église. Dix-huit jours plus tôt, une centaine de familles s’y trouvaient pour partager un grand pique-nique. De grands plats remplis de riz et de légumes circulaient dans les rangs, on partageait du pain plat, la bonne entente régnait. Et tout à coup, l’enfer : deux kamikazes déclenchent leur ceinture d’explosifs au milieu de la foule !

Les instigateurs de cet attentat diabolique ne visaient pas l’église elle-même, un symbole de pierre – ils voulaient déchiqueter des « cibles molles ». Les éclats métalliques étaient faits pour hacher des corps humains sans défense, pour tuer et pour blesser irrémédiablement.

Blessés, orphelins, veufs

Quelles rencontres bouleversantes avec les survivants des nombreuses familles détruites :

Le petit Shan me fixe à travers ses lunettes, sans rien dire ; il a perdu ses parents et ses deux sœurs. Quelqu’un me montre une image sur son portable : Sam, le frère de Shan, est couché à l’hôpital avec de graves blessures au bas-ventre.

Ensuite Musa et Ruth, les parents de Mariam. Leur trésor… qu’ils ne reverront plus ici-bas.

Et Mumtaz, qui tient par la main sa petite-fille, Angel. Angel a perdu sa maman et ses deux sœurs, Jamina (4) et Darusg (2) ; son père est à l’hôpital, gravement blessé.

Hanif et Josefine, eux, ont apporté une photo de leur fils Sharoon ; ils racontent comment ce jeune homme de 18 ans avait essayé d’empêcher un des kamikazes de déclencher sa charge explosive.

Sumera et Sabia sont venues voilées, elles ont perdu leur mère Janila et leur sœur Sanja. Un peu plus tard, nous nous sommes rendus à l’hôpital et nous avons vu leur père, Nazir ; son dos est déchiqueté par les éclats d’obus et il pouvait à peine nous répondre.

Parer au plus urgent

Je suis un chrétien, je crois aux promesses de Dieu et à sa miséricorde, je connais la puissance du pardon. Mais je suis un homme, et quand j’ai été confronté avec de tels drames, j’ai eu du mal à étouffer la colère qui bouillait en moi. Une colère terrible contre des monstres. Des êtres qui détruisent leur propre vie dans le seul but d’infliger un tort diabolique à d’autres ; des êtres incompréhensibles qui ont une forme humaine.

Les blessures que nous avons vues nous déchirent le cœur. De nombreuses personnes ont besoin d’opérations coûteuses, ce qui a motivé CSI à débloquer une aide d’urgence de 120 000 francs. Une partie de ce montant a été distribuée en ma présence, le reste sera remis directement aux familles des victimes par nos contacts chrétiens. Combien de personnes devront encore souffrir durant des années des suites de cet attentat ? Nous ne voulons pas abandonner nos frères et nous voulons continuer à soigner les blessures les plus urgentes dans les semaines et dans les mois à venir.

Gunnar Wiebalck

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