Il soutient les plus défavorisés

17 février 2013

Au Pakistan, la discrimination des minorités religieuses est profondément ancrée dans la loi et dans la société. Les témoignages de solidarité venant de l’étranger peuvent ranimer un espoir.



Dans les bidonvilles de la grande ville portuaire de Karachi vivent des milliers de chrétiens. Nombre d’entre eux habitent le quartier pauvre de Mehran. Avec votre soutien, nous pouvons améliorer un peu leur triste quotidien.

Salim, Sonja et leurs trois enfants – Laiba (9 ans), Haroun (4 ans) et la petite Angel – sont l’une des familles que nous avons aidées. Ils vivent sans eau courante et sans électricité, à proximité d’une énorme station d’épuration qui attire des essaims de moustiques.

Un témoignage émouvant

Le pasteur Hassan (47 ans) et son épouse Asia s’occupent des familles chrétiennes du quartier pauvre de Mehran. À l’âge de sept ans, Hassan savait déjà réciter le Coran. Mais une nuit, tout a changé pour lui : un être lumineux tenant dans ses mains un livre (les « Saintes Écritures ») lui est apparu en rêve. Le lendemain, en passant devant une librairie qui venait d’ouvrir, Hassan vit en vitrine le livre de son rêve. Quelle étrange coïncidence ! Il raconta son rêve au libraire qui lui offrit un Nouveau Testament. Hassan le lut en secret et, à l’âge de 17 ans, décida de devenir chrétien.

Les parents d’Hassan étaient de fervents musulmans et le destinaient à devenir imam. Lorsque son père apprit la conversion du jeune homme, il entra dans une colère noire : « Il était enragé, car ce chiite très strict considérait les chrétiens comme des infidèles et les méprisait », se souvient le pasteur. « Aux yeux de mes parents, ma conversion était le plus grave des péchés dont un enfant puisse se rendre coupable ». Ses parents tentèrent de l’empoisonner, son père le battit presque à mort, son frère aîné et son oncle le frappèrent aussi. Les coups ont laissé de nombreuses cicatrices et ont rendu le pasteur Hassan presque sourd. CSI a pu lui offrir un appareil auditif.

Aujourd’hui, le pasteur Hassan s’engage pour les chrétiens défavorisés du quartier pauvre de Mehran. Son témoignage m’a une fois de plus montré la force de la foi qui se manifeste puissamment dans la détresse.

Gunnar Wiebalck


Les lois sur le blasphème ou le triomphe de l’arbitraire

Le 2 mars 2013, nous commémorerons pour la deuxième fois la mort de Shahbaz Bhatti, chrétien nommé ministre des Minorités religieuses et abattu en pleine rue le 2 mars 2011 par des islamistes. Son combat pour la révision des lois sur le blasphème – un texte qui méprise les droits de l’homme – lui fut fatal. Un an plus tôt, le 4 janvier 2010, le musulman Salman Taseer (gouverneur de la province du Pendjab) avait été assassiné par son chauffeur. Lui aussi avait critiqué les lois sur le blasphème et visité Asia Bibi dans sa prison.

En ce moment même, Sherry Rehman est accusée de blasphème et comparaît devant la Haute Cour. Cette ancienne députée au Parlement s’était battue aux côtés de Salman Taseer pour une réforme des lois sur le blasphème. Elle est aujourd’hui ambassadrice du Pakistan aux États-Unis.

L’affaire Rimsha Masih, cette mineure handicapée qu’on avait accusée de blasphème, avait fait naître l’espoir d’un large débat autour des lois sur le blasphème. Mais ces espoirs ont malheureusement été déçus, bien que Rimsha ait été libérée sous caution en septembre 2012 puis acquittée en novembre dernier. En effet, les accusations arbitraires n’ont pas cessé.

CSI a consacré plusieurs articles aux personnes citées dans cet article. 

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