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Sanctions contre la Syrie – les enfants sont menacés par le cancer, déclare « Reuters »

22 mars 2017

Les sanctions économiques contre la Syrie entravent de façon alarmante l’importation de médicaments pour le traitement du cancer, selon une information « Reuters » de la semaine dernière. Ainsi, les conséquences humanitaires dévastatrices des sanctions deviennent indiscutables, à mesure que les preuves s’accumulent. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a reconnu les implications négatives des sanctions sur la population civile syrienne. « Christian Solidarity International » exige de toute urgence que la politique de sanctions soit vérifiée.



« Un enfant atteint du cancer pourrait mourir tandis qu’il attend son tour pour le traitement du cancer ». Dans un article du 15 mars 2017, Reuters cite ainsi Rima Salem, la responsable d’une ONG qui s’engage pour les enfants atteints du cancer. Selon Maher Haddad, le directeur de l’hôpital pour enfants à Damas, l’hôpital ne peut se procurer que 5 à 10 % des médicaments nécessaires au traitement du cancer. C’est l’entreprise étatique Pharmex qui importe les médicaments pour les hôpitaux publics. « Mais actuellement, Pharmex n’est plus en mesure de le faire, particulièrement à cause des sanctions économiques », déclare le directeur à Reuters.

Selon Elizabeth Hoff, la représentante de l’OMS en Syrie, les sanctions empêchent les entreprises pharmaceutiques internationales de traiter avec les autorités syriennes ; de même, les banques étrangères ne peuvent effectuer le paiement des médicaments importés. « Les sanctions économiques contre la Syrie touchent gravement l’acquisition de médicaments spécialisés, les médicaments contre le cancer inclus », explique Mme Hoff à travers Reuters. Il y a d’autres raisons à cela : les dépenses que l’État attribue au secteur de la santé ont subi une baisse radicale et la monnaie syrienne a été dévalorisée de presque 90 % depuis 2011.

Les USA et l’UE renvoient à des dérogations inutiles

Il est vrai que les USA et aussi l’UE prévoient, dans leurs sanctions, des exceptions pour les médicaments et les dons humanitaires. En renvoyant à ces dérogations, ils rejettent donc toute critique. « Les mesures ne visent pas la population civile », cite un porte-parole de l’UE. Or Reuters précise : « En ayant arrêté les transactions financières et en ayant bloqué une grande partie des échanges commerciaux avec le gouvernement syrien, les sanctions touchent également le commerce des médicaments de façon indirecte. »

Dans une lettre adressée à l’organisation suisse des droits de l’homme Christian Solidarity International (CSI), le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a admis que les sanctions contre la Syrie avaient des conséquences négatives pour la population civile. En mai 2016 déjà, un rapport de l’ONU financé par la DDC a montré clairement que les sanctions entravaient les livraisons de dons humanitaires.

Dans l’article de Reuters, la représentante de l’OMS Mme Hoff affirme que les produits américains ne peuvent pas du tout être importés. Il est vrai que, jusqu’à présent, l’OMS a pu traiter plus de 16 000 malades du cancer avec des médicaments provenant de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie, mais ceci est loin de couvrir les besoins. Mme Hoff rapporte : « Outre les médicaments contre le cancer, de nombreux médicaments font défaut comme l’insuline, les anesthésiants, les antibiotiques spécifiques pour les soins intensifs, les sérums, les vaccins, ainsi que les solutions pour les injections intraveineuses, et d’autres produits introduits par voie sanguine ».

Les sanctions remettent en question la neutralité et la tradition humanitaire de la Suisse

Depuis des mois, Christian Solidarity International réclame la vérification des conséquences humanitaires des sanctions contre la Syrie. Quoique les sanctions aient été infligées sans mandat de l’ONU, la Suisse a entièrement adopté celles de l’UE. Ceci menace la neutralité et la tradition humanitaire de la Suisse. Les sanctions ont l’effet d’une punition collective à l’encontre du peuple syrien, ce qui représente éventuellement une infraction contre l’article 33 de la Convention (IV) de Genève.

En décembre 2016, CSI a invité le conseiller fédéral Schneider-Ammann à vérifier les sanctions. Dans sa réponse du 31 janvier 2017, M. Schneider-Ammann reconnaît les conséquences négatives pour la population civile syrienne ; cependant, on ne constate aucun effort visible du Conseil fédéral pour effectuer une telle vérification. Le 6 mars 2017, la conseillère nationale du PEV Maja Ingold a déposé une interpellation à ce sujet, ce que CSI salue hautement (« Examen des conséquences humanitaires qu’entraînent les sanctions économiques contre la Syrie », 17.3061).

Le collaborateur de CSI, le Dr John Eibner se rend régulièrement en Syrie, dernièrement en février 2017, notamment à Alep. Lors de ses voyages, il a obtenu de nombreux indices concernant les conséquences négatives des sanctions pour la population civile.

Plus d’informations :

La correspondance avec le conseiller fédéral Schneider-Ammann (les PDF sont tout en bas)

Le rapport de l’ONU du mai 2016 (fuité en septembre 2016)  

L’interpellation de la conseillère nationale du PEV Maja Ingold

Article de Reuters 

Images de Reuters

 

Christian Solidarity International (CSI) est une organisation chrétienne de défense des droits de l’homme pour la liberté de religion et la dignité humaine. www.csi-suisse.ch

 

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