Sœur Sara, une porteuse de lumière au milieu des ténèbres

15 avril 2016

Dans une Syrie ravagée par la guerre, nous trouvons toujours quelques rais de lumière. Notre partenaire Sœur Sara est très active. Avec son équipe, elle aide et redonne espoir aux personnes qui, comme Aysha, ont dû tout quitter.



La côte méditerranéenne syrienne a été jusqu’ici largement épargnée par les combats. Depuis des années, Sœur Sara et son équipe sont sur place pour prendre soin de ceux que la guerre a chassés. Elle leur offre une aide concrète et redonne un peu de joie de vivre aux grands comme aux petits : scolarisation des enfants, matériel scolaire pour 900 élèves, mise sur pied de camps d’été (100 jeunes sont attendus), rien n’est laissé au hasard. 

Déguisée pour échapper aux islamistes

Aysha* vient d’Idlib et Maria* d’Alep. Ces deux chrétiennes ont retrouvé l’espoir grâce au soutien de l’équipe de Sœur Sara, alors qu’elles ont dû se réfugier ici bien avant que des villes comme Alep aient défrayé la chronique suite aux bombardements aériens.

Aujourd’hui âgée de 39 ans, Aysha menait une vie paisible avant la guerre : « Je travaillais comme ingénieur et je n’ai jamais été importunée sous prétexte que je suis une femme ou une chrétienne. »

Lorsque le Front al-Nosra est entré dans Alep au printemps 2015, Aysha a été choquée de voir que beaucoup d’habitants d’Idlib l’accueillaient chaleureusement : « La population de la ville a même jeté du riz en direction des islamistes, une coutume d’ordinaire réservée à des mariés ! » Mais rapidement, de nombreux habitants – tant chrétiens que musulmans – ont quitté la ville. Les chrétiens qui sont restés (surtout des personnes âgées) ont fait l’objet de menaces de mort s’ils ne se convertissaient pas à l’islam.

Pour Aysha, la situation était devenue intenable, elle ne voyait aucune alternative à la fuite. « J’ai empaqueté mes habits, ôté la croix que je portais autour du cou et effacé toutes les images religieuses sur mon portable. » Ses voisines musulmanes lui ont donné un hijab pour qu’elle ne soit pas identifiée comme chrétienne.

Les deux kilomètres qu’elle a parcourus à pied pour rejoindre l’arrêt de bus lui ont offert une vision d’enfer : « Sur la route, il y avait des corps décapités de toute part, surtout des soldats. » Un bus a ensuite emmené Aysha et deux autres femmes vers la province de Tartous. À son arrivée, elle s’est adressée à un pasteur qui lui a transmis l’adresse de Sœur Sara. « Je suis infiniment reconnaissante pour ce contact : grâce à cet homme, j’ai pu rejoindre Sœur Sara. Celle-ci m’a donné une chambre dans son monastère, quelques habits et un peu d’argent. Mais surtout, elle m’a beaucoup consolée. Sincèrement, je ne sais pas ce que je serais devenue sans elle ! » 

« Aider fait partie de notre éducation chrétienne » 

Maria* a grandi dans une famille chrétienne d’Alep. Elle travaillait comme enseignante lorsque la guerre a éclaté. Elle a quitté sa ville et s’est enfuie avec ses parents vers la mer Méditerranéenne. Lorsqu’elle a entendu parler de l’équipe de Sœur Sara, elle n’a pas hésité longtemps : « J’ai intégré l’équipe de bénévoles. Par un travail collectif, nous offrons aux personnes chassées de chez elles une aide matérielle et une formation scolaire. Nous organisons également chaque week-end un programme varié pour les enfants », relate Maria avec enthousiasme.

Mais qu’est-ce qui motive cette jeune enseignante à s’engager bénévolement auprès des exilés ? Elle nous explique : « Le travail bénévole est une tradition depuis plusieurs décennies chez les chrétiens d’Alep. » Chaque église a son propre groupe d’entraide, un orphelinat ou même un home pour personnes âgées. « Je pratique le bénévolat depuis l’âge de dix ans. Aider fait partie de notre éducation chrétienne. » Lorsqu’elle a fui sa ville, Maria a senti que quoiqu’il arrive, elle reprendrait des activités bénévoles. Elle est aujourd’hui heureuse de pouvoir s’engager sans réserve pour Sœur Sara. « J’ai rejoint son équipe il y a plus de trois ans et je poursuivrai ce travail aussi longtemps que je pourrai être utile aux autres. Comme chrétiens, il est normal que nous aidions nos prochains qui souffrent ! »

Reto Baliarda 

* Noms fictifs


Aide sur place

CSI travaille avec l’équipe de Sœur Sara, une religieuse consacrée. Elle s’occupe des familles dans le besoin qui ont dû fuir :

  • les personnes dans la détresse reçoivent une aide financière leur permettant d’avoir un logis dans un lieu sûr ;
  • CSI distribue des vivres et des médicaments aux réfugiés et prend en charge les frais médicaux urgents ;
  • les enfants des familles de réfugiés reçoivent une formation scolaire ; en outre, CSI propose des cours accélérés d’anglais et de français aux élèves ayant dû arrêter l’école à cause de la guerre ;
  • les enfants de réfugiés peuvent participer à des « retraites » chrétiennes et à des ateliers visant à promouvoir la paix ;
  • les réfugiés traumatisés par la guerre (chrétiens et musulmans) peuvent bénéficier d’un suivi psychologique et pratique. 
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Programme Syrie