Relâchez les activistes des droits de l’homme !

25 mai 2019

Détention sans procès, torture et harcèlement sexuel : telles sont les armes employées contre des femmes qui s’engagent pour l’égalité de droits au sein de l’État sunnite ultraconservateur d’Arabie saoudite. CSI réclame leur libération immédiate.




Demandez au roi saoudien de libérer les trois femmes activistes pacifiques !

His Majesty King Salman bin Abdul Aziz Al Saud
The Custodian of the two Holy Mosques
Office of His Majesty the King
Royal Court, Riyadh
Kingdom of Saudi Arabia

 

Your Majesty,

I wish to express my dismay at the extreme religious-based intolerance that has long been institutionalized in Saudi Arabia’s Wahhabi ideology, and call for the immediate release of Samar Badawi, Nassima al-Sada, Israa al-Ghomgham and the many other women and men who have been imprisoned for failing to conform to that intolerant religious ideology. I furthermore urge you to sign and respect the International Covenant on Civil and Political Rights, a pillar of a civilized world order.

Yours sincerely


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Je désire exprimer ma consternation à l’égard de la grave intolérance religieuse, institutionnalisée depuis longtemps dans l’idéologie wahhabite de l’Arabie saoudite. Nous exigeons la libération immédiate de Samar Badawi, Nassima al-Sada, Israa al-Ghomgham et des nombreux hommes et femmes qui ont été incarcérés pour avoir refusé de se soumettre à cette idéologie religieuse intolérante. En outre, je vous demande de signer et de respecter de toute urgence le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui est un pilier de l’ordre mondial civilisé.


* case obligatoire

En Arabie saoudite, les femmes sont exposées à une discrimination systématique, tout comme les minorités religieuses. On leur refuse l’accès à de nombreuses professions. De plus, des lois sur la tutelle masculine limitent leur liberté (par exemple, leur mariage doit être validé par leur tuteur). Or ces années dernières, la résistance contre ces lois opprimantes semble de plus en plus importante.

La sœur de Raif Badawi arrêtée

Les mesures énergiques prises contre les femmes activistes des droits de l’homme saoudiennes ont commencé en mai 2018, seulement quelques semaines avant la levée de l’interdiction générale de conduire une voiture pour les femmes. C’est aussi à ce sujet que plusieurs des femmes arrêtées s’étaient mobilisées durant plusieurs années.

Les rafles se sont poursuivies en juillet 2018, notamment avec l’arrestation de Samar Badawi et de Nassima al-Sada, deux activistes célèbres. La première, Samar Badawi est la sœur du célèbre bloqueur Raif qui purge sa peine de prison de dix ans pour avoir tenu des propos critiques à l’égard du gouvernement et de l’islam sur une plateforme en ligne. À plusieurs reprises, CSI a déjà appelé à protester contre l’incarcération injuste de Raif Badawi. La seconde, Nassima al-Sada, est connue comme pionnière pour les droits de la minorité chiite opprimée dans la province d’Ash-Sharqiyah.

Après avoir passé plusieurs mois en prison sans procès, une dizaine de femmes arrêtées a pu comparaître devant un tribunal en mars 2019. Plusieurs d’entre elles avaient été torturées avec des électrochocs et des coups. Ces femmes sont accusées d’avoir violé la loi contre la cybercriminalité. Si elles devaient être reconnues coupables, elles encourraient une peine de prison qui pourrait s’élever à cinq ans.

D’autres femmes activistes des droits de l’homme ont déjà été condamnées, parmi lesquelles Israa al-Ghomgham qui, en 2015, avait été arrêtée avec son mari après avoir manifesté en exigeant davantage de droits pour la minorité chiite. Le procureur a réclamé la peine capitale pour cette femme qu’il accusait de terrorisme. À la suite de vigoureuses protestations internationales, il a requis l’internement à vie.

Les activistes et les non-musulmans sont ciblés

En 2018, un rapport de l’ONU a conclu que l’Arabie saoudite abusait systématiquement de sa loi antiterroriste pour justifier la torture, contenir les opinions « déviantes » et arrêter les activistes des droits de l’homme. Les arrestations et poursuites en justice de dissidents et d’activistes ont augmenté depuis 2017 lorsque le prince héritier saoudien Mohammad bin Salman est arrivé au pouvoir en promettant pourtant un renouveau.

Le royaume saoudien suit l’interprétation wahhabite fondamentaliste de l’islam qui marque son ordre juridique, son système d’éducation et le traitement des femmes. Les autres religions, y compris les autres courants islamiques, sont systématiquement discriminées. De plus, il est interdit aux non-musulmans de pratiquer publiquement leur foi et tout symbole religieux est prohibé.

Morven McLean

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