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Pour l’instant, le nouveau génocide a été stoppé – CSI aide les Arméniens qui ont fui

26 décembre 2020

Après des semaines de bombardements par les forces azerbaïdjanaises et turques, la Russie a fait respecter un cessez-le-feu le 9 novembre 2020. De nombreuses régions arméniennes du Haut-Karabakh sont désormais sous l’emprise de l’Azerbaïdjan et une grande partie des plus de cent mille réfugiés arméniens ne peuvent pas retourner dans leur pays. CSI distribue de l’aide humanitaire sur place.



En 301 apr. J.-C., les Arméniens sont le premier peuple à se convertir en masse au christianisme. Au milieu de la Première Guerre mondiale, les dirigeants de l’Empire ottoman décident de supprimer la population chrétienne de leur empire. Plus d’un million d’Arméniens sont tués dans les massacres et les déportations qui suivent.

À la fin de la guerre, l’Empire ottoman s’effondre et la Russie conquiert rapidement la République d’Arménie, l’une des dernières zones occupées par des Arméniens dans les montagnes du Caucase. La région du Haut-Karabakh fait partie de cette république et sa population est composée à 90 % d’Arméniens.

Lors de la création de l’URSS, le Haut-Karabakh n’est pas intégré à la république soviétique d’Arménie, mais bien à la république soviétique musulmane d’Azerbaïdjan. Durant toute la période soviétique, cet amalgame avec l’Azerbaïdjan a pour conséquence que les Arméniens du Haut-Karabakh sont victimes de discrimination dans leur région d’origine.

Une guerre de six ans

Après l’effondrement de l’Union soviétique à la fin des années 1980, l’Arménie et l’Azerbaïdjan obtiennent leur indépendance. Comme les Arméniens du Haut-Karabakh demandent de quitter le giron de l’Azerbaïdjan, ce dernier répond en tentant de purger ethniquement le Haut-Karabakh des Arméniens. Les pogroms dans le reste de l’Azerbaïdjan chassent des centaines de milliers d’Arméniens de leurs foyers. Le génocide recommence.

Mais les Arméniens du Haut-Karabakh résistent et ils sont soutenus par la République d’Arménie. Les combats durent de 1988 à 1994 ; ils font des dizaines de milliers de morts et transforment un million d’Arméniens et d’Azerbaïdjanais en réfugiés. Pendant la phase la plus critique de la guerre, lorsque le Haut-Karabakh est complètement encerclé par les forces azerbaïdjanaises, CSI achemine par avion des produits de secours dans la zone assiégée.

En 1994, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabakh conviennent d’un cessez-le-feu. Le Haut-Karabakh devient une république indépendante de facto.

De nouvelles attaques

Le 27 septembre 2020, l’Azerbaïdjan lance une nouvelle attaque contre le Haut-Karabakh, soutenu par la Turquie.

La Turquie envoie des drones et déclenche plusieurs frappes aériennes. En outre, elle fait passer clandestinement des milliers de djihadistes venus de Syrie pour combattre dans la région du Haut-Karabakh. Ces islamistes mettent en ligne plusieurs vidéos qui les montrent avec des cadavres d’Arméniens.

Lors de leur progression, les troupes azerbaïdjanaises exécutent indistinctement les civils et les soldats arméniens restés en arrière. Plus du deux tiers des cent cinquante mille Arméniens du Haut-Karabakh s’enfuient en Arménie.

Que peut faire l’Occident ?

Depuis que les réfugiés affluent dans la capitale arménienne Erevan, CSI s’est associée à une Église locale pour leur fournir des vêtements, des médicaments, de la nourriture et un abri.

Une famille nous a raconté sa fuite de la ville de Chouchi, le premier jour de la guerre. Au milieu du bombardement, elle a tout juste réussi à emporter un peu de nourriture. Après avoir réussi à passer la frontière pour arriver à Goris, priant sans cesse de passer entre les bombes, le père est retourné seul à Chouchi pour combattre.

Malheureusement, la majeure partie du monde s’est contentée d’assister passivement à la mort de milliers d’Arméniens et d’Azerbaïdjanais. La Turquie et l’Azerbaïdjan reçoivent tous deux une aide militaire importante de la part des États-Unis et entretiennent des relations économiques et militaires étroites avec l’Europe. Une réaction occidentale déterminée et unie aurait pu arrêter l’invasion.

Un avenir incertain

Lorsque l’Azerbaïdjan a voulu engager une attaque totale contre l’armée arménienne le 9 novembre 2020, c’est la Russie qui est intervenue pour imposer un cessez-le-feu. Mais l’accord signé à cette date cède définitivement de vastes zones du Haut-Karabakh à l’Azerbaïdjan. Pour des milliers d’Arméniens qui ont fui, cela signifie qu’ils ont perdu leur patrie au profit de l’Azerbaïdjan. Désespérés, ils sont nombreux à avoir incendié leurs maisons pour les rendre inhabitables pour les Azerbaïdjanais. Ils se retrouvent avec leurs affaires entassées dans des voitures, contraints de fuir leur terre natale qu’ils n’avaient jamais quittée jusqu’à ce jour.

De nombreuses églises arméniennes et le monastère millénaire de Dadivank sont situés sur le territoire cédé à l’Azerbaïdjan. Les Arméniens craignent que les Azerbaïdjanais détruisent ces édifices.

CSI porte le deuil

Depuis le début de la reprise du conflit, CSI a soutenu les Arméniens, défendant leur cause auprès des dirigeants aux États-Unis et en Europe et fournissant une aide humanitaire aux réfugiés. Après l’accord de cessez-le-feu du 9 novembre 2020, CSI a continué à soutenir les dizaines de milliers d’Arméniens qui se sont retrouvés sans abri.

CSI est en deuil avec les Arméniens. Mais nous continuons à vouloir les aider à rester dans leur pays, que ce soit en leur apportant de l’aide humanitaire ou en défendant leurs intérêts politiques.

Joel Veldkamp

CSI a lancé une pétition en ligne adressée au conseiller fédéral Ignazio Cassis. Montrez votre solidarité avec les habitants du Haut-Karabakh en la signant !

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Programme Haut-Karabakh