Plusieurs décennies de travail dans les bidonvilles

10 mai 2016

Les sœurs carmélites contribuent de façon concrète à améliorer l’avenir des familles. Vous le constaterez en lisant l’exemple concret d’une mère de cinq enfants, Lerversita.




Nicaragua

Votre soutien peut faire poindre une lueur d’espoir pour des enfants et des familles dans les bidonvilles du Nicaragua.

CHF 35 repas chaud pour 5 enfants durant un mois
CHF 60 abri et prise en charge mensuelle pour trois filles
CHF 90 contribution aux soins médicaux nécessaires dans les bidonvilles
montant de votre choix

« Allez-y, montez ! » Marie et Soria prennent leur élan et sautent en riant sur le pont du pick-up conduit par Sœur Guadelupe. Leur mère Lervesita Solis, Sœur Guadelupe, Inés Wertgen et moi-même prenons place dans la cabine.

Nous venons d’avoir un long entretien avec Lerversita. Les sœurs carmélites connaissent cette veuve mère de cinq enfants depuis plusieurs années et l’ont accompagnée à travers les hauts et les bas. Maintenant, nous nous rendons chez elle. La maisonnette est située à l’autre bout de la ville. Nous passons à côté de places de jeu, de stands de marché et nous traversons plusieurs carrefours. C’est un mardi matin, il est 11 heures. Des mamans tenant des enfants par la main se promènent le long de la route et nous croisons plusieurs groupes d’hommes. 

Elle lutte pour chaque sou

Au dernier carrefour, l’état de la route change. Jusqu’ici, notre trajet se déroulait sur une route assez bien entretenue. Maintenant, elle a laissé place à une chaussée cahoteuse et poussiéreuse. Sur notre droite, nous apercevons un nouveau marché, plus petit. C’est là que Lerversita achète chaque matin des fruits et des légumes qu’elle revend ensuite en parcourant les rues avec un chariot de bois. Elle gagne ainsi la maigre subsistance de sa famille. Si elle est blessée ou malade, Lerversita ne vend rien et elle n’a rien à manger. « J’ai beaucoup de peine à pousser ce lourd chariot, parfois je suis vraiment à bout de force. »

Marquée par la vie

Lerversita vient de Waspam, une région située près de la frontière avec le Honduras. Sa langue maternelle est le mosquito, une langue indigène d’Amérique centrale qui est aussi utilisée au quotidien à Puerto Cabezas. Lerversita parle également l’espagnol. Malgré ses 45 ans, elle ressemble à une grand-mère à cause de la malnutrition, du travail dur et de plusieurs coups du sort. En fait, elle a eu six enfants, mais en 2007, son époux est mort d’une attaque et sa fille aînée d’une crise d’épilepsie.

Elle donne tout à ses enfants

Malgré la situation difficile, Lerversita tient énormément à ce que ses enfants puissent aller à l’école. Deux de ses filles, Marie et Soria, habitent depuis quelques années au couvent. Soria a 18 ans et Marie en a 10, mais la malnutrition la fait ressembler à une fille de trois à quatre ans. C’est ce que nous confie plus tard Sœur Guadelupe. Le couvent la nourrit donc avec de l’alimentation de base et des compléments alimentaires. 

Des conditions de logement précaires

La maman visite régulièrement ses deux filles et on l’invite toujours à rester pour le repas. Les sœurs carmélites la soutiennent comme elles le peuvent. Lerversita en a un urgent besoin, car elle sera bientôt sans abri. Lorsque nous arrivons chez elle, nous comprenons tout de suite pourquoi : la moisissure des escaliers s’étend peu à peu à toutes les fondations. Les poutres sont tellement rongées que la maisonnette risque de s’écrouler à tout moment.

Jusqu’à la fin mars 2016, Lerversita et ses enfants ont pu loger dans la maison voisine qui était vide. Mais les habitants rentrent et la famille a besoin d’aide pour reconstruire sa petite maison. Sur leur petit terrain, son mari avait commencé à construire une nouvelle petite cabane. Mais après quelques poutres, la mort a mis un terme à ce projet.

Depuis, tout manque dans la maison : Lerversita dispose à peine d’assez d’argent pour nourrir sa famille et elle est incapable de mettre le moindre sou de côté pour financer la construction. Pourtant, elle n’aurait besoin que de bois et de tôle ondulée pour le toit. Sœur Guadelupe a déjà fait une proposition : « Nos ouvriers du couvent pourraient bâtir la maisonnette pour Lerversita. » Mais les fonds manquent pour acheter les matériaux de construction (5500 francs seraient nécessaires).

Il y a des raisons pour espérer

À titre transitoire, la famille pourra habiter dans le couvent des sœurs carmélites. Mais ce n’est pas une solution à long terme. Nous espérons bientôt pouvoir collecter l’argent pour faire construire la maisonnette de la veuve et de ses enfants. 

Indépendamment de ses soucis, Lerversita puise toujours un nouvel espoir dans l’aide fidèle des sœurs carmélites. Ces dernières habitent depuis plusieurs décennies au milieu des bidonvilles et offrent une aide matérielle variée. Mais ce sont surtout leur présence fidèle, leur amour et leur oreille attentive qui comptent pour les habitants des bidonvilles. 

Corinne Germann

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