Une lueur d’espoir pour les aveugles

25 avril 2011

Les esclaves libérés par CSI ont souvent enduré de graves sévices et la liberté ne les affranchit pas des souffrances. Depuis dix ans, le Dr Luka Deng fait tout son possible pour les aider.



Morsures de serpents, ulcères tropicaux, malaria, brûlures, coupures, maladies héréditaires : durant ses dix ans d’exercice, le Dr Luka Deng a déjà été confronté à de nombreux problèmes. Il a grandi au Sud‑Soudan avant de se rendre en Angleterre. En 2001, CSI l’a engagé pour une mission au Sud‑Soudan. Depuis lors, il y passe la majorité de son temps.

Loin à la ronde, on connaît sa clinique de brousse à Wanyjok. Il y assiste les Sud‑Soudanais, aidé de son équipe professionnelle. Luka Deng joue un rôle particulièrement important dans le cadre de la libération d’esclaves : beaucoup d’entre eux portent les séquelles incurables du traumatisme vécu dans le Nord musulman. Luka Deng tente l’impossible pour atténuer leurs souffrances. Souvent avec succès.

Pleurer avec un œil !

« Malheureusement, il y a des cas où je ne peux rien faire », déplore Luka Deng. « J’ai particulièrement pitié des esclaves dont la vue a été délibérément volée par leurs maîtres cruels. »

Garang Piol Akol  a été enlevé comme enfant, avec quatre de ses amis. En chemin, ses amis ont tenté de s’enfuir… sans succès. Les ravisseurs les ont alors roués de coups de bâton jusqu’à ce qu’ils meurent. Garang, complètement choqué, a dû assister à tout cela ! Malgré les menaces des assassins, il n’a pas réussi à contenir ses larmes, ce qui lui a valu de se faire arracher un œil comme « punition » : Maintenant, il aurait une raison de pleurer, se sont-ils moqués !

Ker Aleu Deng, âgé de 13 ans, est complètement aveugle. Nous vous l’avons présenté en décembre : son maître l’avait pendu par les pieds à une branche pendant un jour entier, avant de lui frotter du poivre dans les yeux. Cela lui a valu une cécité totale contre laquelle la médecine ne peut rien. Luka Deng n’a toutefois pas perdu l’espoir d’aider ce jeune dégourdi : il a tout fait pour lui procurer un passeport. Depuis notre article, Ker l’a reçu et il espère pouvoir bientôt se rendre dans une école pour aveugles à l’étranger.

La clinique en plein air

Quand Luka Deng a commencé son travail pour CSI en 2001, il n’avait à disposition que des moyens rudimentaires : sa « clinique » était constituée d’une chaise sous un arbre et il faisait ses visites médicales à bicyclette. Petit à petit, différentes huttes ont été construites et il a pu embaucher du personnel spécialisé autochtone.

Les perspectives semblent encore meilleures : en février, l’administration du district d’Aweil East a autorisé le médecin à construire un hôpital sur un terrain voisin. Sur le plan financier, Luka Deng dépend entièrement de CSI. Espérons qu’il pourra bientôt quitter son cabinet de fortune !

Luka Deng nourrit encore un autre espoir. Son vieux 4×4 le laisse de plus en plus fréquemment sur le bord de la route. Or le médecin est souvent aux prises avec des situations où une aide urgente est nécessaire ! Aidez-nous à réaliser ce désir de notre fidèle médecin de brousse !

Adrian Hartmann

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Mission Soudan du Sud