Libérée, mais sa famille reste divisée

25 mars 2011

La jeune mère a été asservie, violée à plusieurs reprises, excisée de force, maltraitée et insultée. Maintenant encore, elle est privée de ses enfants.



Lors du dernier voyage au Soudan, les collaborateurs de CSI, Gunnar Wiebalck et John Eibner, ont pu libérer 397 esclaves. Parmi eux se trouvait Adut Lual Kiir, une femme qui dit avoir 25 ans. Elle raconte avoir été enlevée au Sud-Soudan quand elle avait huit ou neuf ans. Étant donné qu’elle ne se souvient pas de ses parents, il est probable qu’elle était encore plus jeune, estime John Eibner. Dans ce pays, la notion d’âge est souvent imprécise. Selon Adut, toute sa famille avait été enlevée, mais une fois arrivés au Nord, ils ont été séparés.

Violée et mutilée

Adut devait paître les chèvres et chercher de l’eau pour son maître Ibrahim. Elle dormait avec les ânes. Devenue plus grande, Ibrahim lui imposait de lourds travaux agricoles. Il la violait. À deux reprises, elle a même été victime de viols collectifs. Son quotidien était  fait d’un travail pénible, régulièrement ponctué de coups et d’insultes racistes.

À l’âge de 15 ans, Adut a été forcée par Ibrahim de se faire exciser, en même temps que des filles arabes. Une excision avec des ciseaux ! Alors que les autres filles ont pu se reposer, elle a dû se remettre au travail immédiatement, malgré ses douleurs. Après son excision, Adut était « pure » aux yeux d’Ibrahim. Il la considérait comme musulmane et exigeait qu’elle prie cinq fois par jour.

CSI veut libérer ses garçons

Adut est reconnaissante. Elle n’aurait jamais imaginé qu’un jour elle serait libérée ! Mais sa joie reste voilée : ses deux enfants sont encore chez son ancien maître Ibrahim. Celui-ci les a cachés à la venue des libérateurs car il refusait de les rendre. CSI veut aller les chercher. Nous espérons qu’Adut pourra bientôt serrer ses enfants dans ses bras – en liberté !

Les deux enfants ont trois et quatre ans. Ils s’appellent Mohammed et Ali, puisqu’Adut n’a pas eu le droit de leur donner des noms dans la langue de sa tribu, le Dinka. En secret cependant, elle les nommait Garang et Kuol. Ces deux garçons ont besoin de leur maman ! Priez que nous puissions les racheter et les remettre à Adut.

Adrian Hartmann

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Programme Soudan du Sud