L’État islamique enlève les femmes yézidies

19 février 2015

Les djihadistes de l’État islamique (EI) ne se contentent pas de chasser des centaines de milliers de personnes ; ils détiennent plusieurs milliers de yézidies comme esclaves sexuelles et les forcent à se convertir. CSI a parlé avec des femmes qui ont pu revenir.



Lors de son dernier voyage en Irak, John Eibner, responsable CSI de la mission au Moyen-Orient, a parlé avec deux yézidies qui avaient été enlevées par les djihadistes de l’État islamique (EI). Mais plusieurs centaines d’autres sont encore asservies. Certaines sont vendues sur le marché de la ville syrienne de Rakka à un prix ridicule, d’autres sont relâchées contre le versement d’une rançon. Une des deux femmes que nous avons rencontrées a dû racheter sa liberté plusieurs dizaines de milliers de francs.

Ces femmes sont souvent utilisées comme esclaves sexuelles. L’EI a même édicté des règles détaillées à propos du traitement des prisonnières. Il est par exemple autorisé de violer une femme immédiatement à sa capture si elle est encore vierge ; cela est également le cas pour les petites filles, dans la mesure où elles sont physiquement « en état de le faire » ; « sinon, on peut s’amuser sans sexe » [sic].

Nous donnons ces quelques détails sordides pour donner une idée de la valeur accordée à ces femmes. 

Apparemment, l’EI attache une grande importance à l’asservissement des yézidies. Dans ces temps de guerre, les djihadistes font de gros efforts pour transférer les femmes très régulièrement d’un lieu à un autre – sans doute pour des raisons de sécurité. Ces transports exigent une logistique complexe pour approvisionner les esclaves et organiser les transports. Or les djihadistes ne se donnent pas tant de peine pour les hommes yézidis : plusieurs milliers d’entre eux ont simplement été assassinés.

La conversion ou les coups

Les femmes yézidies sont battues pour qu’elles se convertissent à l’islam. L’une de celles que John Eibner a rencontrées s’est comportée en musulmane particulièrement pieuse, elle a fait scrupuleusement ses prières durant deux mois et a lu assidûment le Coran. Elle a ainsi gagné la confiance de ses ravisseurs et a pu s’enfuir.

Notre partenaire en Irak, l’organisation pour la défense des droits de l’homme Hammurabi, a recensé plusieurs cas semblables. Par contre, selon les sources de cette organisation qui a un réseau très complet et qui connaît presque exactement le nombre de chrétiens d’Irak, on ne connaît aucun cas où des chrétiennes auraient subi un tel sort.

Pour l’instant, une solution globale n’est pas en vue. La libération de toutes les esclaves semble impossible tout comme le retour des nombreux réfugiés dans leurs lieux d’origine. Les gens sont souvent désespérés, nombre d’entre eux n’ont plus qu’un espoir, l’émigration. Mais CSI continue à apporter son aide partout où nous le pouvons, afin que les réfugiés puissent survivre à l’hiver et pour qu’ils sachent que l’Occident ne les a pas oubliés.

Adrian Hartmann 

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