Les lois sur le blasphème doivent être révisées !

20 février 2015

Il y a quatre ans, le ministre des minorités Shahbaz Bhatti a été abattu. Il s’était prononcé en faveur de la libération d’Asia Bibi et de la révision des lois sur le blasphème. Ces deux exigences ne se sont malheureusement toujours pas réalisées.



Il était conscient que son engagement mettait en danger sa propre vie : n  Shahbaz Bhatti, ministre des minorités, était le seul chrétien du gouvernement pakistanais. Mais les menaces de mort ne l’empêchaient pas de protester contre les lois sur le blasphème, qui permettaient trop facilement de condamner des innocents. Il ne craignait même pas de visiter n  Asia Bibi, la plus connue parmi les prisonniers accusés de blasphème.

Le 2 mars 2011, il est abattu par des islamistes sur le chemin du travail. « Cet assassinat est un avertissement pour tous ceux qui se prononcent contre les lois sur le blasphème », déclare alors un porte-parole des talibans.

Quatre ans après le meurtre de M.  Bhatti, aucune condamnation n’a été prononcée. Un des suspects a été acquitté par manque de preuves ; un autre, qui avait avoué le crime, a été libéré sous caution en juillet 2014, soi-disant pour des raisons médicales. Deux autres suspects se trouvent encore en prison. Dans le bulletin d’octobre 2014, CSI a lancé un appel pour exiger la condamnation des assassins de M.  Bhatti.

Rien n’a changé !

Deux vies ont été laissées pour des exigences qui ne sont toujours pas remplies. Deux mois avant Shahbaz Bhatti, c’est le gouverneur musulman de la province du Punjab, Salman Taseer, qui a été tué. Et Asia Bibi est encore enfermée. Et aucune révision des lois sur le blasphème n’est prévue. Des personnes innocentes sont régulièrement accusées de blasphème et rouées de coups par des foules sauvages. Plusieurs dizaines d’entre elles ont même été assassinées. Le meurtre de n  Shama Bibi (28 ans) et de son mari n  Shahzad Masih (32 ans) l’année dernière a suscité l’indignation sur la scène internationale. Accusés d’avoir brûlé des pages du Coran, on les avait jetés vivants dans un four en brique. Shama et Shahzad avaient quatre enfants et Shama était enceinte du cinquième. Les protestations se sont rapidement éteintes, mais une fois encore, rien n’a changé. – Nous n’avons pas le droit de nous résigner devant cette injustice révoltante ! Shahbaz Bhatti et Salman Taseer ne peuvent pas être morts en vain !

Adrian Hartmann

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