Imran Ghafur Masih | « Les chrétiens sont des chiens ! »

21 mai 2012

Innocent, un homme de 29 ans doit rester en prison jusqu’en 2035. Le chrétien pakistanais Imran Ghafur Masih est accusé d’avoir profané le Coran. Il a été condamné à la prison à perpétuité. Nous exigeons sa libération.



Imran Ghafur Masih dirigeait une entreprise familiale, une librairie, dans son village d’Hajwari (État du Pendjab), ce qui rendait son voisin Hajji Liaqat Ali extrêmement jaloux, selon les déclarations du père d’Imran. Le 1er juillet 2009, Imran brûlait du vieux papier. Entrevoyant enfin une chance de posséder ce magasin, Hajji a prétendu que le chrétien Imran avait délibérément brûlé des pages du Coran en faisant le ménage, et l’avait ainsi profané. Cette rumeur a également été diffusée par les haut-parleurs des mosquées, ce qui a conduit plus de 400 islamistes furieux devant la maison d’Imran. Ils l’ont battu, de même que son frère Neveen. Le jour même, la police est venue appréhender Imran.

« Imran doit être pendu ! »

La foule déchaînée ne se calmait pas. Les islamistes se sont rassemblés devant le poste de police, lançant des pierres contre le bâtiment et en criant : « Mort à celui qui a profané le saint Coran, il doit être pendu ! Les chrétiens sont des chiens, Imran est un chien ! » Imran Ghafur Masih a immédiatement été incarcéré dans une prison de Faisalabad. Le 11 janvier 2010, le tribunal l’a condamné à une peine de prison à perpétuité (25 ans) pour profanation du Coran et instigation à la haine religieuse (art. 295 al. a et b du Code pénal). En outre, Imran doit payer l’équivalent de plus de 2500 francs suisses d’amende, ce qui correspond environ à la moyenne de dix salaires mensuels.

Le recours que la famille d’Imran a déposé auprès de la Cour supérieure est encore pendant – et Imran est toujours en prison. Il n’a le droit de quitter sa cellule que deux fois par jour, lors de l’appel qui permet de compter tous les prisonniers. En été, la température peut atteindre 49 °C dans sa cellule sans fenêtre.

Max-Peter Stüssi

Sources : Asia News, Compass Direct, Voice of Martyrs


Les lois sur le blasphème sont un moyen de persécution des minorités religieuses

Les quelque 186 millions de Pakistanais sont majoritairement musulmans. Seuls 3 % sont chrétiens, environ 2 % ahmadis (musulmans) et 1,8 % hindous. Les minorités religieuses sont souvent discriminées par l’État, par exemple lors de l’attribution de places de travail, la distribution d’aide en cas de catastrophe ou également lors d’incarcérations : leurs membres connaissent des conditions de détention encore plus défavorables que les musulmans et ne sont pas protégés des agressions.

À l’égard des lois sur le blasphème, les minorités religieuses souffrent de plus en plus. Depuis l’édit des lois sur le blasphème dans les années 1980, plus de 4000 infractions ont été enregistrées. Sur cette base, environ 1000 personnes ont été condamnées, parfois à mort.

Ces dernières années, le cas d’Asia Bibi a suscité une grande indignation sur le plan international. La pauvre journalière et mère de cinq enfants a été condamnée à mort le 8 novembre 2010, parce qu’elle aurait tenu des propos méprisants à l’égard du prophète Mahomet lors d’une dispute fomentée par ses collègues de travail. Nous réclamons sa libération !

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