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Les Arméniens et leurs amis se rassemblent à Genève pour le Haut-Karabakh

17 octobre 2020

Alors que la guerre azerbaïdjano-turque dans le Haut-Karabakh entre dans sa quatrième semaine, des centaines d’Arméniens et leurs alliés se sont réunis à Genève, le vendredi 16 octobre 2020 à 19 heures, pour condamner l’agression et appeler à un cessez-le-feu immédiat et à la reconnaissance de l’indépendance du Haut-Karabakh. La manifestation a été organisée par l’Union arménienne de Suisse. Christian Solidarity International (CSI) était une organisation participante.



Vendredi 16 octobre 2020. À 19 heures, la manifestation a débuté au crépuscule sur les rives du lac Léman. Les participants se sont rassemblés devant l’historique Palais Wilson, premier siège de la Société des Nations. Beaucoup portaient le drapeau rouge-bleu-orange de l’Arménie, ainsi que le drapeau du Haut-Karabakh, identique mais avec un triangle blanc superposé. À la tombée de la nuit, les manifestants ont allumé des torches et ont entamé une lente marche vers la place des Nations, jusque devant le siège des Nations unies. Les organisateurs, munis de porte-voix, ont donné des instructions à la foule en arménien et en français. Les manifestants portaient des masques faciaux pour se protéger contre le Covid-19. Certains militants ont vendu des masques aux couleurs du drapeau arménien afin de collecter des fonds pour les efforts de secours dans le Haut-Karabakh.

Sur la place des Nations, les manifestants ont formé une chaîne humaine, encerclant complètement la place. Ils agitaient des drapeaux et chantaient ensemble en français et en arménien. On entendait à l’occasion des encouragements de conducteurs qui klaxonnaient pour les soutenir.

Gianna, citoyenne italienne qui travaille et étudie le droit international humanitaire à Genève, a déclaré qu’elle était venue au rassemblement pour « exiger la justice et aider à mettre fin à la guerre ». Elle voit l’attaque azerbaïdjanaise comme un moyen de conquérir un territoire alors que le monde est distrait par le Covid-19 et les élections présidentielles américaines. En tant qu’étudiante en droit, elle est alarmée par « l’ignorance » qui prévaut dans de nombreuses discussions sur le Haut-Karabakh. Trop souvent, dit-elle, les universitaires qui parlent de l’affaire dans les médias « ignorent la voix des gens du Haut-Karabakh ». La justice, dit-elle, exige de la communauté internationale qu’elle « protège les groupes minoritaires et respecte leur droit à l’autodétermination ».

Grigor, un étudiant arménien d’Erevan, souligne que la raison la plus importante de sa venue était de montrer que « nous sommes tous unis, et que nous ne laissons pas nos compatriotes seuls ». Il a déjà perdu un camarade de classe qui combattait sur le front. Il qualifie de « décevante » la réaction internationale face à cette guerre. « Peu de pays et d’organisations internationales qui s’expriment sur la guerre en parlent clairement, déclare-t-il. Ils disent que les deux parties doivent mettre fin aux hostilités. Ils ignorent le fait qu’il n’y a qu’un seul agresseur dans ce conflit – l’Azerbaïdjan. » Grigor dit qu’il est inspiré par le courage dont sa famille et ses amis font preuve en Arménie en cette période de guerre.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il craint le plus si la guerre se retourne contre les Arméniens, Grigor répond : « Le pire scénario, je ne veux même pas y penser. Beaucoup de vies seraient perdues. »

Les amis de CSI présents à la manifestation portaient des pancartes disant : « Arrêtez le prochain génocide arménien ! » Parmi les autres organisations qui ont participé à la manifestation figuraient plusieurs partis politiques suisses et genevois, l’Église maronite, la Ligue suisse des droits de l’homme et d’autres organisations de défense des droits des minorités.

CSI est solidaire des Arméniens assiégés du Haut-Karabakh, qui risquent de subir un nettoyage ethnique et un génocide si l’assaut azerbaïdjanais réussit. Tout comme Grigor espère que les Arméniens du monde entier s’uniront en faveur du Haut-Karabakh, CSI cherche à unir les chrétiens pour défendre nos frères et sœurs persécutés, pour qu’ils ne se sentent jamais seuls.

Joel Veldkamp

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