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« La persécution est en recrudescence, nous devons étendre notre activité »

25 février 2020

Dans cette interview, le directeur de CSI John Eibner propose une rétrospective de l’année écoulée. Il évoque également les défis pour l’année 2020 et explique comment CSI entend y faire face.



CSI : Que doit-on retenir de l’année 2019 ?

John Eibner : Nous avons amélioré notre capacité à agir rapidement. Que ce soit lors de catastrophes naturelles comme au Népal ou au Bangladesh ou lors d’attaques terroristes comme au Sri Lanka (à Pâques) ou régulièrement au Nigéria. Autre succès : la veillée silencieuse qui est de plus en plus suivie dans notre pays en 2019. Il est encourageant de voir que nos contacts avec notre base s’enrichissent. Il y a plus de quarante ans, la fondation de CSI était liée aux marches silencieuses pour les chrétiens persécutés de l’Union soviétique. Cette forme de protestation publique renaît avec la veillée silencieuse.

Quels sont les défis auxquels CSI fait face pour l’année 2020 ?

Le plus grand défi pour nous est la recrudescence de la persécution religieuse. Au plan mondial, celle-ci est beaucoup plus présente qu’il y a trente ans, lorsque j’ai rejoint CSI. En parallèle, l’opinion publique s’est endurcie. Les médias nous bombardent de cruautés et nous nous y habituons. Ce qui aurait choqué il y a vingt ou trente ans n’est aujourd’hui rien de plus qu’une nouvelle parmi d’autres.

Est-ce que la persécution a augmenté ou en sommes-nous simplement mieux informés ?

Notre système d’informations est de plus en plus efficace, c’est vrai, mais l’augmentation de la persécution est indéniable. Avant de rejoindre CSI, j’étais engagé en faveur des chrétiens persécutés de l’autre côté du Rideau de fer. Loin de moi de vouloir idéaliser cette époque, mais l’ordre mondial était moins versatile. Aujourd’hui, le monde est devenu très instable et cela crée un terrain idéal pour les groupes terroristes. L’augmentation des persécutions en est un résultat.

Comment réagit CSI ?

Nous devons étendre nos activités : là où des personnes persécutées à cause de leur foi sont dans le besoin, nous devons développer l’aide humanitaire. Nous devons simultanément renforcer notre travail en faveur des droits de l’homme et interpeller les gouvernements par le moyen de campagnes pour qu’ils agissent de manière responsable. Et là, nous nous trouvons face à des défis d’ordre financier. En outre, il faut que la solidarité entre les chrétiens s’intensifie. La persécution n’est pas l’apanage d’une confession particulière, elle nous concerne tous et nous devons renforcer notre collaboration.

Que peut faire CSI en faveur des droits de l’homme ?

Nous ne pouvons évidemment pas changer le monde à nous seuls, mais nous pouvons générer et accélérer des changements. Que ce soit en Syrie ou au Nigéria, mais aussi en Indonésie ou en Malaisie. Nous pouvons rassembler les personnes concernées, créer des synergies et porter des sujets à la connaissance des médias.

Adrian Hartmann

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