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Ils craignent toujours de nouvelles attaques

11 mars 2016

Les villageois chrétiens qui vivent au nord du Nigéria sont à la merci des attaques djihadistes. Souvent, les agresseurs s’en tirent à bon compte. C’est pourquoi certains survivants n’osent pas retourner dans leur village. Le coordinateur de mission CSI Franco Majok en a visité plusieurs.




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Thomas Bwayin est désespéré. Une terrible attaque menée par les Peuls contre trois villages a éradiqué toute sa famille. Le 14 mars 2014, peu avant minuit, les islamistes ont envahi trois villages chrétiens de l’État de Kaduna : Manchok, Ungwan-Sankwaj et Ungwan-Kurach. Ils ont ouvert le feu avec des mitraillettes. « J’avais quitté ma maison. J’ai entendu des coups de feu pendant cinq minutes sans interruption », raconte Bwayin en pleurant.

Les assaillants ont incendié toutes les maisons et les églises. Environ 200 personnes ont perdu la vie lors de l’attaque. Nombre d’entre elles ont brûlé vives dans leur maison, à l’instar de l’épouse et des trois enfants de Bwayin. « Je n’ai même pas reconnu le visage de ma femme », soupire-t-il.

Les survivants se sont enfuis de cet enfer dans les villes les plus proches, comme Kafanchan, la capitale de l’État de Kaduna. Après plusieurs mois, un bon nombre d’entre eux ont osé rentrer dans leur village, placé sous protection policière. Ils ont recommencé à cultiver la terre fertile.

Mais en automne 2015, la police s’est retirée. Depuis, la peur de nouvelles attaques se répand parmi les habitants. Il faut savoir que les agresseurs peuls s’en sont tirés sans même qu’ils soient identifiés.

Néanmoins, les villageois sont très reconnaissants pour l’aide de CSI. Franco Majok insiste : « Les personnes qui sont rentrées ont en haute estime notre soutien. Même si ce ne sont que de simple colis de nourriture, ils encouragent beaucoup ces gens. »

Certains survivants ne sont pas retournés dans leur village. Thomas Bwayin, par exemple, est resté là où il a trouvé refuge et il espère pouvoir recommencer à zéro en créant une petite entreprise.

Une fête se termine dans le sang

Les attaques du 14 mars 2014 sont loin d’être des cas isolés. Ces derniers temps, plusieurs attentats mortels ont eu lieu.

Le 9 juin 2015 aurait dû être une journée heureuse pour les habitants du village chrétiens de Katsak : ils avaient organisé une fête pour la fin de la moisson. « C’était huit heures du soir lorsque, tout à coup, des bergers peuls ont surgi des bois en courant en direction du village et en tirant contre la foule en fête », se souvient le chef du village Sunday Afuwai. Onze personnes ont été tuées et onze autres grièvement blessées. Encore une fois, les agresseurs sont restés impunis jusqu’à aujourd’hui. Quant aux survivants, ils se sont réfugiés à Kafanchan.

Depuis l’automne, plusieurs d’entre eux sont rentrés. Mais eux aussi sont hantés par la crainte de nouvelles attaques. Car dans ce village isolé et difficilement accessible, les habitants sont exposés pratiquement sans défense à une attaque.

Le respect des morts est assuré

À la demande du partenaire de CSI, le Père Michael, les charniers sont transformés en tombes individuelles. « Avec une pierre tombale par défunt, nous voulons commémorer chaque mort. En outre, nous voulons respecter la volonté des villageois qui refusent de se laisser chasser et de se voir simplement retirer leur identité. Nous soutenons ce projet », explique Franco Majok.

Par ailleurs, les survivants reçoivent un suivi médical. Là aussi, CSI collabore avec l’archevêché de Kafanchan.

Reto Baliarda

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