Commentaires du livre de Nabil Antaki et Georges Sabé : Les lettres d’Alep

29 novembre 2019

Madame Françoise Lasser, amie de CSI, a lu le nouveau livre. Voici son commentaire.



Françoise Lasser, lectrice CSI

« Les auteurs, un médecin et un religieux mariste (congrégation catholique vouée à l’éducation) décrivent à leurs donateurs l’évolution de la situation à Alep depuis juillet 2012, lorsqu’Alep subit les premiers effets de la guerre, jusqu’à septembre 2017 quand la ville est libérée.

Le quotidien est fait d’obus, de bombes, de tirs de mortier ou de snipers, d’enlèvements et de difficultés d’approvisionnement. Lorsque des habitations sont détruites, il faut reloger les familles. Lorsque l’eau est coupée par les rebelles (plusieurs semaines de suite en été par 40 °C), il faut équiper des voitures de réservoirs-pompes pour chercher de l’eau dans des puits et la redistribuer.

Distribution quotidienne de repas chauds. Distribution mensuelle de « paniers », de lait pour les enfants, de vêtements, de chaussures, etc. Un hôpital pour « civils blessés de guerre » aide aux soins médicaux. Mais surtout, avec des bénévoles, tout un programme d’éducation est mis en place. Il faut occuper les Alépins, leur apprendre ce qui sera utile lorsque la paix sera revenue ; cela va de la lecture aux petits-enfants ou aux adultes analphabètes, à l’anglais et l’informatique pour les plus grands ados et les adultes. Pour chaque groupe, des occupations ciblées ; utiliser le temps de façon constructive pour maintenir l’espérance et diminuer le stress.

Le livre se termine sur une note d’optimisme très modérée : les dégâts matériels, physiques et surtout psychologiques sont considérables. Mais les auteurs se présentent comme des artisans de paix et d’espérance par solidarité humaine, pas par charité chrétienne. Peut-être ne veulent-ils pas heurter leurs donateurs.

Ils reprochent aux Occidentaux de s’être habitués aux décomptes de morts et de blessés, aux bombardements. Amertume de constater que les politiciens, les médias et beaucoup d’ONG ont simplement choisi l’autre camp et qu’eux, ils ne comptent pas.

J’ai admiré la ténacité des auteurs qui recommencent encore et encore, envers et contre tout. J’ai admiré leur volonté de rester à Alep alors qu’ils auraient pu partir, pour partager les souffrances de leurs concitoyens et se battre pour les aider. Mais malgré la volonté de garder espoir, la lassitude et la fatigue transparaissent dans la répétition de tous ces maux (bombes, pénuries, etc.).

Les Maristes bleus (religieux et laïcs qui portent des T-shirts bleus) poursuivent leur travail : CONTRUIRE LA PAIX. »


Vous pouvez commander Les Lettres d’Alep ici.

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