Appel au Conseil fédéral à mener une investigation au sujet de l’expansion mondiale de l’idéologie de haine saoudienne

26 juin 2019

L’organisation suisse de défense des droits de l’homme Christian Solidarity International (CSI) est profondément inquiète de la situation fâcheuse de la liberté de religion en Arabie saoudite. Elle demande au Conseil fédéral d’avoir la plus grande retenue dans ses contacts avec ce royaume qui méprise la dignité humaine.



Aujourd’hui, alors qu’une rapporteuse spéciale de l’ONU présente, à Genève, son rapport à propos de l’assassinat de Jamal Khashoggi, l’organisation de défense des droits de l’homme Christian Solidarity International (CSI) lance un appel au Conseil fédéral : « Nous vous prions d’élaborer et publier un rapport dans lequel sont abordés en détail d’une part l’ampleur de la persécution religieuse dans le royaume et d’autre part les conséquences globales de son idéologie extrémiste. En outre, nous vous demandons de faire preuve de la plus grande retenue dans la collaboration de la Suisse avec l’Arabie saoudite. »

Tout citoyen saoudien doit être musulman – combattre les personnes d’une autre foi est un devoir

Dans la lettre adressée au président de la Confédération, CSI évoque « l’idéologie contraire aux droits de l’homme et antichrétienne du wahhabisme musulman radical » dans la doctrine d’États de l’Arabie saoudite : « Aujourd’hui encore, des personnes qui ne se comportent ou ne s’expriment pas selon cette idéologie extrémiste sont condamnées à des châtiments corporels, à de longues peines de prison et même à la mort. »

Avec des exemples concrets, CSI démontre la gravité de la situation en Arabie saoudite : « Les citoyens saoudiens sont contraints par la loi d’être des musulmans pratiquants. Les personnes qui se convertissent à une autre foi sont menacées d’exil ou même de mort. Il n’existe aucune église dans tout le pays. Les aides ménagères étrangères, par exemple les chrétiennes venant des Philippines, sont régulièrement incarcérées. Dans les livres d’école saoudiens, les chrétiens, les juifs et les musulmans chiites sont réduits à l’état de « créatures les plus odieuses qui soient ». On enseigne même aux élèves que le fait de les combattre est un devoir religieux. »

DFAE : L’Arabie saoudite est « l’un des partenaires les plus importants de la Suisse »  

Selon les informations du département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), l’Arabie saoudite est « l’un des partenaires les plus importants de la Suisse ». Des hauts fonctionnaires et même des conseillers fédéraux se rendent chaque année en Arabie saoudite, le dernier en date étant Ueli Maurer. Le motif évoqué pour ce partenariat privilégié est tout simple : le rôle de l’Arabie saoudite dans l’économie mondiale (premier producteur de pétrole), dans le monde musulman (gardien des lieux saints islamiques) et dans le Moyen-Orient. Depuis que l’Arabie saoudite et l’Iran ont rompu leurs relations diplomatiques, la Suisse représente même les intérêts de l’Arabie saoudite en Iran et inversement.

Exportation d’armes malgré la catastrophe humanitaire au Yémen

En 2018, le volume des affaires entre la Suisse et l’Arabie saoudite s’est élevé à environ 2,8 milliards de francs. La Suisse exporte avant tout des produits pharmaceutiques, des montres et des machines. Elle importe surtout de l’or. À ce jour, la Suisse exporte aussi des équipements militaires en Arabie saoudite, avant tout des pièces détachées et de la munition pour les systèmes de défense anti-aériens. En 2018, des armes d’une valeur de 2,2 millions de francs ont été exportées dans ce pays – malgré la catastrophe humanitaire au Yémen causée principalement par l’Arabie saoudite. En décembre 2018, la Suisse a suspendu l’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite.

Plus d’informations

Signer l’appel au Conseil fédéral : www.csi-suisse.ch/appel-arabie

Flux en directe de la conférence de presse « Khashoggi » du 26 juin 2019, 13 heures (Palais des Nations à Genève) : http://webtv.un.org

Le rapport « Khashoggi » d’Agnès Callamard, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires : A/HRC/41/36

Contact

Laurent Schlatter

info@csi-suisse.ch | 031 971 11 45

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