• Soudan du Sud

Akuach a toujours prié pour être libérée

29 avril 2021

Akuach Adal Agany, aujourd’hui âgée de 30 ans, était encore une petite enfant lorsqu’elle a été enlevée par des milices islamistes et emmenée au Nord comme esclave. Pendant plus de vingt ans, elle a été insultée, maltraitée et islamisée de force. La première tentative pour la libérer a échoué.



Akuach vit une enfance heureuse entourée de ses parents et de ses frères et sœurs. Elle aime jouer avec d’autres enfants.

C’est par une matinée ensoleillée, au milieu des jeux joyeux avec les enfants du quartier, qu’elle voit surgir des combattants arabes qui encerclent le groupe. « Nous pleurions et hurlions à tue-tête », se souvient Akuach. Mais personne ne peut les aider : tous les villageois sont déjà capturés par les islamistes.

Les parents d’Akuach se trouvent dans la même colonne de prisonniers qui se dirige vers ce qui était alors le nord du Soudan. « Mais lorsque nous sommes arrivés à destination, après plusieurs jours de marche, nous avons été séparés et je ne les ai jamais revus », soupire Akuach.

Humiliée et battue

La jeune fille est remise à Musa Adam, un Arabe qui a deux femmes et de nombreux enfants. « Les enfants de Musa m’ont insultée et battue à plusieurs reprises. J’avais peur et je pleurais tout le temps. » Mais elle ne peut espérer aucune aide de Musa qui se joint souvent à sa famille pour l’humilier toujours davantage.

En grandissant, Akuach doit passer des heures chaque jour à travailler dans la ferme et à aider les femmes de Musa à la cuisine. Elle n’est pas autorisée à se déplacer librement et se sent donc comme une prisonnière. Musa la viole régulièrement et la force à adopter l’islam comme religion. Elle finit même par avoir un bébé.

Une libération retardée

Pendant longtemps, Akuach n’abandonne pas l’espoir de recouvrer un jour la liberté : « Je priais quotidiennement, demandant à Dieu de me ramener au Sud. » En automne 2020, elle voit un libérateur d’esclaves arabe s’entretenir avec Musa pendant plusieurs heures, avant de repartir sans avoir rien obtenu. Akuach réalise qu’elle vient de perdre une occasion en or pour être libérée. Elle verse des larmes de désespoir : « Je croyais que j’allais devoir passer le restant de ma vie comme une esclave méprisée. »

Deux jours plus tard, les choses changent : Akuach se rend au marché avec son bébé pour faire des achats pour la famille de son maître. Miraculeusement, elle y rencontre le libérateur. « Il m’a emmenée dans son camp où j’ai retrouvé d’autres esclaves libérés de ma tribu, les Dinka ». Elle se souvient avec émotion de ses premiers pas vers la liberté. Pendant le long voyage du retour vers le Sud, Akuach peut enfin manger à sa faim, pour la première fois depuis de nombreuses années.

Akuach est infiniment reconnaissante d’être une personne libre et de vivre dans son pays. Avec le « kit de survie » contenant des ustensiles essentiels, un colis alimentaire et une chèvre laitière qu’elle a reçus de la part de CSI à son arrivée, elle compte se construire une nouvelle vie indépendante.

Reto Baliarda


Vidéo (en allemand)

 

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