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Soudan

Géographie

Superficie

2'505'813 km²
Pays 61 fois plus grand que la Suisse (41'293 km²)

Habitants

31,8 mio.
4 fois plus qu’en Suisse (7,3 mio.)

Densité de population

13 Habitants/km²
14 fois moins hab./km² qu’en Suisse (177)

Produit national brut

408 SFR
113 fois inférieur à la Suisse (45'996 SFR)

Appartenance religieuse

Chrétiens

10%

     Catholiques

  5%

     Protestants

  5%

Musulmans

70%

Religions naturelles

20%

Droits humains

Liberté religieuse

Atteinte à la liberté religieuse grave


Entrave au culte, à la diaconie et à l’évangélisation

Soudan 

Le pays 

Chemin cahoteux vers l’avenir

Dans les élections au Sud-Soudan, les gens réduits en esclavage sont perdants. CSI va poursuivre ses actions de libération jusqu’à ce que le dernier esclave soit chez lui.

Chemin cahoteux vers l’avenir CSI  

gw. Aweil, 19 février 2010: les haut-parleurs de la manifestation électorale du général Dau Aturjong émettent encore un bref craquement, puis se taisent. Sur l’ordre du gouverneur Paul Malong, le directeur de police sectionne tout bonnement les câbles. Les protestations bruyantes de la foule des partisans de Dau Aturjong, qui, malgré la chaleur torride, s’est rassemblée sur la «Place de la liberté», sont rapidement étouffées. Il y a des arrestations. Ce procédé n’est pas exceptionnel. Les observateurs se demandent si, au Sud-Soudan, cinq ans après l’armistice, les conditions sont vraiment réunies pour permettre des élections libres et démocratiques.

Au royaume de Juba, partout la violence

Les élections démocratiques au Sud-Soudan ne relèvent pas d’une tradition. Selon l’ONU, seulement au Sud, les luttes tribales et les luttes pour le pouvoir ont fait 2’500 victimes et 400’000 déplacés. De nombreux analphabètes de la région ont été ignorés lors de l’enregistrement des électeurs pour le scrutin d’avril 2010. Cinq ans après le traité de paix historique, le gouvernement du Sud a négligé la plupart des problèmes pressants. A Juba, la capitale du Sud-Soudan, les limousines gouvernementales aux vitres teintées roulent pare-chocs contre pare-chocs, alors que, dans le reste du pays, il a y à peine un kilomètre de route goudronnée. Les élections et le référendum sur la partition du Sud sont menacés par la corruption, les luttes électorales et les luttes tribales menées avec des armes modernes. Si 2011 voit la séparation des deux parties du pays, si différentes sur le plan ethnique et religieux, la libération des esclaves risque de devenir beaucoup plus difficile.

500 esclaves libérés en trois mois

Les esclaves libérés scrutent l’avenir CSI  

Entre janvier et mars 2010, 500 esclaves ont retrouvé la liberté. Chacun a eu l’occasion de raconter son histoire. Parmi eux se trouvait Achol Akot Deng, que nous avons questionnée à l’ombre d’un tamaris. Elle nous a raconté : «Mon propriétaire voulait faire de moi une musulmane et il m’a donné le nom de Howah.» Achol a subi sa violence pendant onze ans. Depuis qu’elle a été emmenée dans le Nord, elle n’a pas revu son mari et ses enfants Garang et Abuk. Elle a été obligée d’assister et de regarder l’exécution d’esclaves «désobéissants». L’espoir de revoir un jour son mari et ses enfants a aidé Achol à supporter de telles horreurs et l’a maintenue en vie. Maintenant, elle va reprendre la route encore une fois pour rentrer à la maison, dans sa famille, dans le village de Manyiel.

Des scènes dignes d’un film d’horreur

Ajak, marquée par le chagrin CSI  

Lors de nombreuses rencontres et d’entretiens, nous assistons à des scènes dignes de films d’horreur. Mawien, âgé de 11 ans, par exemple, souffrait d’abcès tropicaux aux deux jambes. Abuk avait une blessure au cou et la main droite mutilée. Le propriétaire de Garang Agoth Akol lui avait sectionné deux orteils, pour le «punir» d’avoir désobéi. Nous demandons à Ajak, mère de quatre enfants, d’où provient la blessure par balle qu’elle a à la jambe. Pendant le déplacement vers le Nord, son groupe d’esclaves a fait une halte dans la ville de Gomelay. De nuit, des criminels de droit commun ont voulu voler les femmes et les enfants captifs, qui étaient attachés à des piquets comme du bétail. Il s’en est suivi un échange de tirs entre les voleurs et les propriétaires qui s’est terminé dans un bain de sang. Ajak a été atteinte à la cuisse par une balle.

Cette mère, vieillie prématurément par le chagrin et la douleur, explique : «En raison de la confusion et de l’obscurité qui régnaient, mes quatre enfants ont disparu. Je ne les ai plus revus». Ajak a survécu à la torture de la soif, qui a emporté plusieurs autres esclaves captifs comme elle. Il est émouvant de voir que les esclaves interrogés éprouvent peu de sentiments de vengeance à l’égard de leurs bourreaux. Ajak est une exception; cette femme déterminée nous a dit: «Si je pouvais, je retournerais dans le Nord avec un fusil pour tuer les arabes. Ils ont détruit ma vie.»

CSI met à profit avec ardeur le temps qui reste pour sauver encore de nombreuses vies humaines. Merci de nous accompagner et de parcourir avec nous le dernier tronçon de ce long chemin.


Impression 

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