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Géographie | Superficie | 2'505'813 km² Pays 61 fois plus grand que la Suisse (41'293 km²) | Habitants | 31,8 mio. 4 fois plus quen Suisse (7,3 mio.) | Densité de population | 13 Habitants/km² 14 fois moins hab./km² quen Suisse (177) | Produit national brut | 408 SFR 113 fois inférieur à la Suisse (45'996 SFR) | Appartenance religieuse | Chrétiens | 10% |   Catholiques | 5% |   Protestants | 5% | Musulmans | 70% | Religions naturelles | 20% | Droits humains | Liberté religieuse | Atteinte à la liberté religieuse grave | | Entrave au culte, à la diaconie et à lévangélisation |
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«Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié». L’esclave sait encore dire cette prière par cœur, alors qu’elle vient de sortir de l’enfer.
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Atak et son enfant en compagnie de Cindy Castano, de CSI CSI
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gw. Les cheveux noirs de la jeune mère sont tressés en une multitude de petites tresses qui partent de la racine des cheveux au dessus du front et sont orientées vers l’arrière de la tête, parallèlement aux lignes de peau visible entre les tresses. La réalisation de cette coiffure typique du Sud-Soudan prend des heures, voire des jours. Mais le temps, les esclaves de retour comme Atak Geng Bak, âgée de 18 ans, en ont beaucoup, car elles attendent d’être libérées.
Nous sommes assis devant la jeune femme accroupie par terre, drapée dans de longues bandes de tissu multicolores. Soudain, un bébé qui était dissimulé derrière un pli de la robe, nous aperçoit. |
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Atak a été réduite en esclavage enfant
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Tout en pinçant une fourmi sur la manche de son enfant, la jeune femme raconte : «Mon nom est Atak, je viens de Wathok. A l’époque, je vivais là-bas avec mes parents. C’était le bon temps, nous avions suffisamment à manger et, tous les dimanches, nous allions à l’église catholique.» Il y a déjà longtemps. Nous lui demandons si elle sait encore le «Notre Père» par cœur. Atak regarde par terre et cherche dans sa mémoire. Les paroles inspirées reviennent peu à peu, d’abord de manière hésitante, puis de plus en plus vite. Alors elle parle du jour terrible de sa capture, quand le monde autour d’elle s’est écroulé. «Ma mère m’avait envoyée acheter du sucre au marché de Wathok. Soudain, j’ai entendu des coups de feu et j’ai vu partout des hommes étrangers, dont beaucoup étaient à cheval.» Atak n’a pas pu s’enfuir. L’un des assaillants lui a rapidement ligoté les mains et l’a attachée sur un cheval avec une corde. «Je suis tombée plusieurs fois et ai été traînée derrière le cheval», se souvient Atak. Elle nous montre les cicatrices aux genoux, aux jambes et aux épaules. «Les voleurs ont enlevé encore beaucoup de femmes et d’enfants de notre village.» Quand la nuit est tombée, les chasseurs d’esclaves ont attaché leurs victimes aux arbres. «La première nuit déjà, Mohammed Ibrahim, qui est devenu plus tard mon propriétaire, est venu vers moi. Il m’a détachée et m’a poussée un peu plus loin dans un buisson, où il m’a violée, alors que j’étais encore une enfant». Lorsqu’ils sont arrivés à Daien, un endroit au Nord-Soudan, Mohammed a décidé de garder Atak. |
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Atak a alors vécu de nombreuses années d’humiliations, de dur travail et de viols répétés. Mohammed n’est pas le seul à avoir abusé d’elle sexuellement, il y a eu encore d’autres hommes et même des jeunes. Son propriétaire, qui avait souvent des altercations avec sa femme et ses cinq enfants, donnait libre cours à sa colère en injuriant Atak et en la traitant de «sale esclave stupide». Un jour qu’il avait remarqué qu’elle obtempérait avec réticence à son ordre de l’appeler «père», il a explosé et l’a battue comme plâtre. Toma, la femme de Mohammed, traitait Atak un peu mieux. Ce n’est pas parce qu’elle l’aimait, mais elle espérait obtenir d’elle une plus grande aide dans les travaux domestiques. Lorsqu’après avoir subi de multiples viols, Atak est devenue enceinte, Toma a voulu se débarrasser d’elle. Un an après la naissance de son fils, elle est rentrée dans son pays avec un groupe d’esclaves. Atak a dit : «Je n’ai pas revu mes parents depuis longtemps. J’ignore s’ils sont encore en vie, mais je vais essayer de les retrouver.» |
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«Ma foi m’a beaucoup fortifiée»
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Atak Deng reçoit une ration de millet pour une semaine CSI
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Comme tous les esclaves qui ont été libérés, Atak reçoit un «kit de survie», qui va l’aider à vivre avec son enfant. Alors, pour la première fois, nous voyons Atak sourire.
Au moment de nous quitter, nous lui demandons si elle aimerait dire encore quelque chose. Son enfant serré contre elle, la jeune mère répond : «Oui. Je remercie Dieu de m’avoir aidée à échapper à la violence de Mohammed. Ma foi m’a beaucoup fortifiée pendant ma captivité. Je ne pouvais pas en parler, mais, dans mon cœur, je suis restée fidèle à Jésus ». |
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Bien que nous ayons accompagné des dizaines de milliers d’esclaves sur le chemin de la liberté et que leurs témoignages se ressemblent souvent, nous sommes chaque fois touchés par leur foi et leur reconnaissance. |
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Nous voulons poursuivre ce travail jusqu’à ce que le dernier esclave soit rentré dans son pays. Merci de tout cœur de votre fidèle engagement. |
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